Culture et histoire Fact-check publié le 16/09/2025

âś… Mitterrand, un imposteur selon De Gaulle

Le post original

🇫🇷 15 septembre 1965, le Général de Gaulle à Peyrefitte : « Mitterrand, le Rastignac de la Nièvre ? » « Au nom de Mitterrand, le Général éclate franchement de rire : « Le Rastignac de la Nièvre ? Léon Noël, qui était mon délégué pour le RPF dans ce département, m'a raconté que Mitterrand, lors de sa première campagne, en 46, se mettait au premier rang de la cathédrale de Nevers, à genoux sur un prie-Dieu, la tête dans les mains. L'évêque disait à Léon Noël, en joignant ses doigts avec extase : « Comme il est bien, ce Mitterrand, c'est tout à fait ce qu'il nous faut. » (Rire.) A.P. — Vous l'avez rencontré vous-même ? GdG. — Il est venu me voir à Alger dans l'hiver 43-44. Il a mis du temps à me parvenir. Il avait travaillé pour Vichy avec tant de zèle que ça lui avait valu la francisque. Il était entré dans ce corps d'élite. Voyant que ça allait tourner mal, il a voulu se dédouaner en entrant dans un réseau. Il est arrivé à Londres. Il est allé trouver d'abord les Anglais et les Américains, qui n'ont pas été très chauds pour l'accueillir, puisqu'ils voyaient qu'il mangeait à tous les râteliers. À la fin des fins, Passy l'a vu, l'a cuisiné, l'a expédié sur Alger, me l'a fait recevoir avec une fiche le présentant comme un personnage douteux. Mitterrand m'a demandé de lui confier la direction d'un réseau Charette, qui marchait très bien sans lui. Je n'avais pas envie de risquer de mettre un agent double dans un mouvement de résistance. Je lui ai donc proposé de se battre, soit dans le corps expéditionnaire en Italie, soit comme parachutiste dans le corps qui serait le premier à prendre pied en France. Il a refusé les deux propositions. Je l'ai congédié : « Nous n'avons plus rien à nous dire. » « Eh bien si, nous avions encore à nous dire ! Il s'était arrangé pour prendre la tête d'un « mouvement national des prisonniers » et pour se faire nommer secrétaire général du ministère des Anciens combattants et Prisonniers. AP. — Il dit qu'il a été ministre dans le gouvernement de la Libération. GdG. — C'est faux ! Un mensonge de plus ! C'est un imposteur ! Il a été nommé secrétaire général à titre intérimaire. Le ministre, c'était Henri Frénay. Mitterrand a essayé de le faire sauter en lançant son mouvement contre lui. Vous imaginez ! Le plus haut gradé du ministère prenant la tête d'une rébellion contre son propre ministre ! Il a organisé des manifestations, qui se massaient devant le ministère en hurlant : « Frénay au poteau! » (Rire. Le Général avale sa salive avec un petit sifflement.) Je l'ai convoqué au ministère de la Guerre. Il est arrivé avec deux acolytes. Il m'a prétendu que les prisonniers avaient bien raison d'être en colère. Je lui ai dit : « De deux choses l'une. Ou bien, vous ne pouvez rien pour empêcher ces désordres bien que votre mouvement les ait provoqués, et vous me remettez votre démission.
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Le fact-check

✅ Vraisemblable Ces propos sont rapportés par Alain Peyrefitte dans le tome 2 de "C'était de Gaulle" sorti en 1997. Ce livre repose sur ses entretiens en tête à tête avec le Général https://tinyurl.com/4tr2kyej L'historien Jean Lacouture s'étonne de cette version des faits : « Il y a une incohérence totale entre ce portrait que de Gaulle dresse de Mitterrand fin 1943 et le rôle très important qu'il lui assigne 6 mois plus tard en le nommant ministre des Anciens combattants. » https://tinyurl.com/mhw48ky7 Le 15 octobre 1942 , Mitterrand est reçu par Pétain avec le Comité d'entraide aux prisonniers rapatriés de l'Allier. Cette rencontre est immortalisée, mais la photo ne sera jamais utilisée par De Gaulle qui en a connaissance dès 1965. C'est peu après cette rencontre que Mitterrand se tourne vers la résistance, à partir de février-mars 1943. https://tinyurl.com/yc2uxvd2 Pour Henry Rousso, ce parcours est représentatif d'une frange des élites françaises qui ont cru à la révolution nationale avant de rejoindre la résistance à compter de 1942, voire plus tard, comme Mitterrand. https://tinyurl.com/2h3tvcva Depuis longtemps, le passé trouble de Mitterrand interroge et a fait l'objet de multiples thèses https://tinyurl.com/3k7vvefb

Historique

2 étapes
16 sept. 2025 • 06:53

Post Reçu

16 sept. 2025 • 08:35

Publication

✅ Vraisemblable Ces propos sont rapportés par Alain Peyrefitte dans le tome 2 de "C'était de Gaulle" sorti en 1997. Ce livre repose sur ses entretiens en tête à tête avec le Général https://tinyurl.com/4tr2kyej L'historien Jean Lacouture s'étonne de cette version des faits : « Il y a une incohérence totale entre ce portrait que de Gaulle dresse de Mitterrand fin 1943 et le rôle très important qu'il lui assigne 6 mois plus tard en le nommant ministre des Anciens combattants. » https://tinyurl.com/mhw48ky7 Le 15 octobre 1942 , Mitterrand est reçu par Pétain avec le Comité d'entraide aux prisonniers rapatriés de l'Allier. Cette rencontre est immortalisée, mais la photo ne sera jamais utilisée par De Gaulle qui en a connaissance dès 1965. C'est peu après cette rencontre que Mitterrand se tourne vers la résistance, à partir de février-mars 1943. https://tinyurl.com/yc2uxvd2 Pour Henry Rousso, ce parcours est représentatif d'une frange des élites françaises qui ont cru à la révolution nationale avant de rejoindre la résistance à compter de 1942, voire plus tard, comme Mitterrand. https://tinyurl.com/2h3tvcva Depuis longtemps, le passé trouble de Mitterrand interroge et a fait l'objet de multiples thèses https://tinyurl.com/3k7vvefb

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