Économie et société Fact-check publié le 06/04/2026

❌ Le fact-checking a un effet désastreux sur le débat public

Le post original

Les effets destructeurs du fact-checking sur le débat public Dans la catégorie des idées reçues invalidée par les sciences sociales: les fausses informations auraient un effet sur les comportements électoraux...Il n'en est rien. Dans cet article paru dans le média indépendant Élucid, Camille Adam, avocat et journaliste d'investigation, bats en brèche cette idée qui semble aller de soi dans le débat public, je cite "L’absence de lien entre une croyance en une fausse information et un comportement électoral (vote) avait déjà été établie dans une étude de 2016 (https://lnkd.in/eEPjGHYu) à propos de l’élection de Donald Trump. L’étude établissait que les électeurs pro-Trump pouvaient reconnaître que certaines affirmations étaient fausses sans réduire pour autant leur soutien politique. Ainsi, les croyances factuelles et les préférences politiques étaient/sont largement décorrélées. La vérité n’apparaît pas comme une condition nécessaire du soutien politique. Corriger la désinformation ne change quasiment pas les intentions de vote. L’étude démontre de manière assez cruelle que les citoyens utilisent les figures politiques comme des boussoles de vérité, indépendamment des faits, mais aussi que les corrections factuelles n’ont qu’un effet fragile, temporaire et limité, que la désinformation ne pénalise pas nécessairement électoralement un candidat et que la politique contemporaine peut fonctionner sans exigence de véracité. Cette étude est confirmée par une autre plus récente datant de 2021 (https://lnkd.in/ezyVu5Dr), qui concluait à une relation « proche de zéro » entre l’exposition aux tweets de l'agence russe (IRA) durant l'élection américaine de 2016 et le changement de choix de vote." Sur la fact checking, un peu plus loin dans l'article, l'auteur, études à l'appui (mais là il faudra vous abonner pour cet argumentaire bien sourcé..) écrit "On le voit, le fact-checking corrige des croyances qui, de toute façon, n’ont pas d’impact sur le vote, et ce au prix de l’instauration d’un climat de doute généralisé sur l’intégrité de l’information [....] À cela, il faut ajouter le climat de paranoïa créé dans la population, mais surtout auprès de la classe politique et médiatique qui, au nom de la lutte contre la désinformation et notamment d’origine étrangère, appelle de plus en plus à la « modération des contenus », c’est-à-dire à la censure de contenus politiques sur les plateformes et réseaux sociaux, bref, à la restriction de la liberté d’expression. Il n’est donc pas exagéré de dire que le fact-checking, même en étant de parfaite bonne foi et bien intentionné, fait beaucoup plus de mal que de bien à la société et au débat public." https://lnkd.in/etayjaix
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Le fact-check

❌ Plutôt faux Ou l'art d'inverser et de généraliser les conclusions. La première étude ne concerne que l'élection présidentielle américaine de 2016 et se concentre surtout sur les fake news et peu sur le fact checking. Les fake news ont eu peu d'impact sur l'élection en raison de la personnalité de D. Trump et de la polarisation extrême de la société américaine. "To test whether the present findings are generalizable beyond Donald Trump, this experiment should be replicated with a Democratic and a different Republican political figure." Sur le fact checking, cette étude explique qu'il est jugé pertinent si un républicain débunke un républicain (ou un démocrate, un démocrate). On n'a pas accès à l'étude payante du media Euclid. Il y a ici un amalgame assez grossier repris par l'auteur entre fact checking, modération des contenus et censure, regroupés dans un même sac. L'élection présidentielle de 2017 et le fact checking du Canard Enchaîné sur F. Fillon a de son côté montré qu'un fact checking sourcé avait une influence sur les électeurs. https://cvc.li/qPwJc D'autres études montrent l'effet inverse. Le fact check serait utile sur les candidats connus. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/pops.13059

Historique

5 étapes
3 avr. 2026 • 06:58

Post Reçu

6 avr. 2026 • 07:51

Début de l'analyse

6 avr. 2026 • 08:38

Fact-check terminé

6 avr. 2026 • 08:48

Fact-check relu

6 avr. 2026 • 12:53

Publication

❌ Plutôt faux Ou l'art d'inverser et de généraliser les conclusions. La première étude ne concerne que l'élection présidentielle américaine de 2016 et se concentre surtout sur les fake news et peu sur le fact checking. Les fake news ont eu peu d'impact sur l'élection en raison de la personnalité de D. Trump et de la polarisation extrême de la société américaine. "To test whether the present findings are generalizable beyond Donald Trump, this experiment should be replicated with a Democratic and a different Republican political figure." Sur le fact checking, cette étude explique qu'il est jugé pertinent si un républicain débunke un républicain (ou un démocrate, un démocrate). On n'a pas accès à l'étude payante du media Euclid. Il y a ici un amalgame assez grossier repris par l'auteur entre fact checking, modération des contenus et censure, regroupés dans un même sac. L'élection présidentielle de 2017 et le fact checking du Canard Enchaîné sur F. Fillon a de son côté montré qu'un fact checking sourcé avait une influence sur les électeurs. https://cvc.li/qPwJc D'autres études montrent l'effet inverse. Le fact check serait utile sur les candidats connus. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/pops.13059

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