Politique française et européenne Fact-check publié le

Excision, ruban rose... : ils craignent chez LFI

⚠️ À nuancer

Le post

Il est rare que dans l’espace de quelques heures, je puisse tomber sur deux actualités aussi dingues, issues d’un même groupe politique… Alors, je ne sais pas quel sujet traiter en premier, tant les deux sont graves. Mais allez, commençons par le maire LFI de Saint-Denis-Pierrefitte, qui n’a pas voulu soutenir un vœu relatif à une proposition de loi portant, entre autres, sur la lutte contre l’excision. Ce qui aurait empêché son soutien ? La proposition de loi avait été remaniée en commission à l’Assemblée nationale et pouvait encore évoluer, notamment sous l’effet d’amendements de la droite et du RN. Soutenir son adoption aurait donc consisté, à ses yeux, à donner « un blanc-seing » à un texte, dont la version définitive n’était pas connue. Hum, ouais, sauf que soutenir n’est pas donner un « blanc-seing » et qu’une loi, par nature, évolue avant son adoption. Ensuite, certains sujets méritent qu’on les soutienne, même avec les réserves qu’on peut avoir à leur égard. Il aurait pu apporter son soutien en précisant que cela ne constituait pas un « blanc-seing » de sa part. La question aurait été réglée. De là, traitons de Mathilde Panot, qui a fièrement publié sur X : « Je ne porterai pas le ruban “d’octobre rose” »… OK, mais pourquoi, alors que de nombreux députés participent à la campagne annuelle de sensibilisation au cancer du sein ? Bah, elle affirme qu’Octobre rose a été créée au milieu des années 1980 par Imperial Chemical Industries (ICI). La députée LFI fait un lien entre cette entreprise et Syngenta, « le plus gros producteur de pesticides au monde », et estime qu’ICI vendait « le poison qui vous rend malade » et « le traitement pour cette même maladie ». De là, elle dénonce « l’hypocrisie » de « la macronie, la droite et l’extrême droite » qui « s’épinglent la poitrine de rose, quelques semaines après avoir voté la réintroduction de pesticides qui s’attaquent aux cerveaux des enfants ». D’accord, elle pointe sur une réalité historique. Mais en quoi dénoncer les pesticides, empêcherait-il de manifester sa solidarité avec les femmes atteintes d'un cancer du sein ? On peut parfaitement reconnaître les origines industrielles d'Octobre rose, critiquer les conflits d'intérêts éventuels, combattre certains pesticides et soutenir simultanément la sensibilisation au cancer du sein. Surtout et au cas où cela lui aurait échappé, le cancer du sein est une maladie multifactorielle. Il n’existe pas une cause unique qui expliquerait l’ensemble de ces cancers ! Alors, je ne sais pas si les figures politiques de LFI se rassemblent certains soirs pour travailler leur stratégie : « Comment créer la polémique qui nous desservira ? », mais avec ou sans brainstorming, punaise, ça semble marcher du tonnerre de Dieu…
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Le fact-check

⚠️ Trompeur pour B. Bagayoko ✅ Plutôt vrai pour M. Panot Bally Bagayoko s'oppose à l’excision, mais il s’est abstenu en conseil municipal lors d’un vote visant à la combattre, un sujet important à Saint-Denis, où 13 % des femmes qui y accouchent sont excisées. Il explique son choix par le fait que le texte abordait aussi les violences sexistes et sexuelles, dont le contenu n’était pas finalisé. C'est trompeur de réduire son abstention au sujet de l’excision. https://cvc.li/EIfkR Mathilde Panot refuse bien le port du ruban d’Octobre rose. Dans sa vidéo, elle mélange faits avérés et amalgames, et verse même dans le complotisme en affirmant que « ceux qui vendent les pesticides sont les mêmes que ceux qui vendent le traitement de ces maladies, pour faire un double profit ». https://cvc.li/BrRcQ Un lien entre certains pesticides, en tant que perturbateurs endocriniens, et le cancer du sein est suspecté, mais pas établi : les études sont limitées. Ce cancer est surtout multifactoriel (âge, génétique, alcool, surpoids, tabac, sédentarité). https://cvc.li/sjtBp On peut questionner Octobre rose et le pinkwashing sans fragiliser le dépistage ni céder au complotisme. Ce sont deux combats qui ne s’opposent pas.

Historique

7 étapes
11 oct. 2026 • 13:06

Post Reçu

14 oct. 2026 • 06:03

En traitement

14 oct. 2026 • 09:32

Fact-check terminé

14 oct. 2026 • 09:51

Fact-check relu

14 oct. 2026 • 15:14

Fact-check relu

15 oct. 2026 • 06:58

Fact-check relu

15 oct. 2026 • 07:05

Publication

⚠️ Trompeur pour B. Bagayoko ✅ Plutôt vrai pour M. Panot Bally Bagayoko s'oppose à l’excision, mais il s’est abstenu en conseil municipal lors d’un vote visant à la combattre, un sujet important à Saint-Denis, où 13 % des femmes qui y accouchent sont excisées. Il explique son choix par le fait que le texte abordait aussi les violences sexistes et sexuelles, dont le contenu n’était pas finalisé. C'est trompeur de réduire son abstention au sujet de l’excision. https://cvc.li/EIfkR Mathilde Panot refuse bien le port du ruban d’Octobre rose. Dans sa vidéo, elle mélange faits avérés et amalgames, et verse même dans le complotisme en affirmant que « ceux qui vendent les pesticides sont les mêmes que ceux qui vendent le traitement de ces maladies, pour faire un double profit ». https://cvc.li/BrRcQ Un lien entre certains pesticides, en tant que perturbateurs endocriniens, et le cancer du sein est suspecté, mais pas établi : les études sont limitées. Ce cancer est surtout multifactoriel (âge, génétique, alcool, surpoids, tabac, sédentarité). https://cvc.li/sjtBp On peut questionner Octobre rose et le pinkwashing sans fragiliser le dépistage ni céder au complotisme. Ce sont deux combats qui ne s’opposent pas.

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