Actualité internationale Fact-check publié le 09/04/2024

🫤 Censure des propos privés !

Le post original

Ces trois députés macronistes (l'une est même avocate) soutenus par les députés du groupe « Renaissance » ont jugé bon de durcir l’arsenal répressif en incriminant l’expression dans la sphére privée de certaines pensées. Il s’agit notamment de l’expression non publique de pensées pouvant constituer des provocations, des diffamations et des injures présentant un caractère raciste ou discriminatoire, ou visant une personne ou un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou identité de genre… Si cette proposition de loi devait passer, toutes les paroles prononcées au sein d’un foyer, à l’occasion d’une réunion de famille, d’une soirée entre amis, dans un lit, pourraient tomber sous le coup des incriminations susvisées. On a du mal à comprendre l'incapacité de ces trois députés de discerner l’énormité et le caractère liberticide de leur proposition inepte. Ont-ils déjà lu un ouvrage de philosophie ? Ce qui est sûr c'est qu'ils n’ont pas lu Hannah Arendt qui voyait dans l’abolition de la frontière entre l’espace public et l’espace privée, l’essence même du totalitarisme. Ont-ils réfléchi aux conséquences de l’application de telles dispositions dans la sphère privée ? Pensent-ils qu’il suffit d’interdire l’expression d’une pensée pour supprimer une pensée ? Il est évident que l’adoption de ce type de dispositions aurait des conséquences désastreuses : 👉Repli communautaire, 👉Repli sur soi ou sur un groupe très restreint supposé partager les mêmes idées que le sujet, 👉Polarisation 👉 Privation de débat Ainsi, au lieu d’exprimer sa pensée en privée, de pouvoir être contredit, de s'engager dans un débat susceptible de lui permettre de se corriger, le sujet en s'assurant de ne fréquenter que des personnes qu’il sait penser comme lui, ne serait plus exposé en privé à des modes de pensée différents. Bref, outre le caractère totalitaire d’une telle proposition, l’un des effets de cette loi serait non seulement le repli communautaire mais surtout l’accentuation de la polarisation, voire la radicalisation de certains sujets. L’article du Figaro conclut ainsi : « S'il y a bien une loi à proposer, c'est celle venant créer un «safe space» au sein de nos domiciles afin que l'État ne puisse y pénétrer. C'est donc plutôt un principe d'inviolabilité - immatériel - du domicile que nos députés devraient faire voter plutôt que d'attiser les « braises pénalophiles». Article Figaro : Maitre Thibault Mercier : https://lnkd.in/gNPK8bEf Proposition de loi n°1727 - 16e législature - Assemblée nationale : https://lnkd.in/exA7f4w2

Le fact-check

🫤 A nuancer ! Ce post parle de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère raciste ou antisémite (https://cvc.li/LbLjB). Elle a été votée en première lecture à l'assemblée nationale (107 pour, 41 abstention, 0 contre). Elle consiste notamment à transformer la contravention actuelle, créée en 2017, pour l’injure non publique à caractère raciste, sexiste et homophobe (amende maximale de 1500€, https://cvc.li/YclCc) en délit (3750€). Ainsi, contrairement à ce qu'affirme la tribune du figaro (https://cvc.li/Tdwdl) et l'auteur du post, il ne s'agit pas d'aller "désormais" contrôler tous les propos tenus en privé, puisqu'une contravention existait déjà sur le sujet. Pour les auteurs, "l’enjeu de cette proposition de loi est de pouvoir sanctionner les idéologues qui sévissent sur les réseaux sociaux ou sur Internet, ces multirécidivistes qui sont rarement présents à leurs audiences et vivent à l’étranger pour échapper à leurs condamnations." Bref, c'est pas tout frais !

Historique

2 étapes
9 mars 2025 • 18:30

Post Reçu

9 avr. 2024 • 20:54

Publication

🫤 A nuancer ! Ce post parle de la proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère raciste ou antisémite (https://cvc.li/LbLjB). Elle a été votée en première lecture à l'assemblée nationale (107 pour, 41 abstention, 0 contre). Elle consiste notamment à transformer la contravention actuelle, créée en 2017, pour l’injure non publique à caractère raciste, sexiste et homophobe (amende maximale de 1500€, https://cvc.li/YclCc) en délit (3750€). Ainsi, contrairement à ce qu'affirme la tribune du figaro (https://cvc.li/Tdwdl) et l'auteur du post, il ne s'agit pas d'aller "désormais" contrôler tous les propos tenus en privé, puisqu'une contravention existait déjà sur le sujet. Pour les auteurs, "l’enjeu de cette proposition de loi est de pouvoir sanctionner les idéologues qui sévissent sur les réseaux sociaux ou sur Internet, ces multirécidivistes qui sont rarement présents à leurs audiences et vivent à l’étranger pour échapper à leurs condamnations." Bref, c'est pas tout frais !

Vous avez une question, une remarque ou une suggestion ? Contactez-nous, nous vous répondrons au plus vite !

Nous contacter
Posez votre question Ă  VeraVera