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Ada Morrisson internée pour érudition

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Ada Morrison a été internée dans un asile du Connecticut en 1893, à trente ans, par son propre mari — qui voulait une épouse plus jeune. Raison de l’internement : « lecture excessive et prétentions intellectuelles inappropriées pour une femme. » Ada avait été enseignante avant le mariage. Elle lisait constamment. Elle discutait politique. Pour son mari, c’était une preuve de troubles mentaux. Deux médecins l’ont examinée pendant dix minutes. Ils ont conclu qu’une femme intelligente était, évidemment, folle. Ada a été enfermée dans l’asile pendant quatre ans, étiquetée comme folle simplement parce qu’elle était instruite. Elle a tenté de s’évader huit fois. Elle a été capturée sept. Elle a réussi une fois. Ce furent quatre années de tentatives — escalader des fenêtres, forcer des serrures, soudoyer des gardiens, se cacher dans des chariots de linge. La même intelligence qui avait causé son internement fut celle qui lui permit de s’évader. Cette photographie en tintype, de 1897, montre Ada après sa fuite définitive, à trente-quatre ans. Elle porte les cicatrices de ses tentatives précédentes : — un bras cassé après une chute du deuxième étage ; — des brûlures en escaladant des tuyaux de vapeur bouillants ; — des marques de fouet comme punition de ses évasions ratées. Elle tient les papiers d’internement qui la déclarent « mentalement déficiente, avec des délires de capacité intellectuelle. » Ada avait fait des études supérieures. Elle avait enseigné pendant six ans. Elle lisait le latin et le grec. L’asile appelait cela de la folie. Son mari appelait cela une honte. La société appelait cela un crime. Ada passa quatre ans à prouver qu’elle était suffisamment saine pour s’échapper de l’endroit où elle avait été emprisonnée pour son intelligence. Après sa fuite, elle arriva à New York, changea de nom pour Sarah Bennett et travailla comme commis, cachant son niveau d’instruction pour ne pas éveiller les soupçons. Elle ne reprit jamais contact avec sa famille — qui avait soutenu son internement. Elle ne se maria plus jamais — elle ne pouvait faire confiance aux hommes ayant le pouvoir légal sur sa liberté. Elle vécut discrètement pendant trente-huit ans. Elle mourut en 1935, à soixante-douze ans, après avoir passé près de quatre décennies à dissimuler l’intelligence qui avait failli détruire sa vie. Ada avait été internée pour avoir lu. Elle passa le reste de sa vie à faire semblant de mal savoir. C’était survivre dans un monde qui appelait folles les femmes instruites. Après sa mort, la propriétaire de l’immeuble trouva la chambre d’Ada remplie de livres — des centaines de volumes cachés derrière un mur factice. Ada n’avait jamais cessé de lire, malgré le risque. Elle n’avait jamais cessé d’apprendre, malgré la punition. Après sa mort, la propriétaire de l’immeuble trouva la chambre d’Ada remplie de livres — des centaines de volumes cachés derrière un mur factice. Ada n’avait jamais cessé de lire, malgré le risque. Elle n’avait jamais cessé d’apprendre, malgré la punition. Elle n’avait jamais cessé de penser, malgré le danger que cela représentait pour une femme de son époque. Un journal détaillant les huit tentatives de fuite fut également retrouvé, avec des notes minutieuses sur la sécurité de l’asile, les tours de garde et les mécanismes des serrures. Ada avait été assez brillante pour s’échapper d’un asile qui emprisonnait les femmes brillantes. Aujourd’hui, ses documents d’internement sont conservés dans un musée d’histoire des femmes, avec la description suivante : « Ada Morrison a été internée pour avoir trop lu. Elle s’est échappée de l’asile huit fois avant d’y parvenir. Elle a passé 38 ans à cacher une intelligence qu’aucune prison n’a pu contenir. Elle fut considérée folle pour être intelligente. C’était le monde qui était fou de qualifier cela de maladie
Image: Ada Morrisson internée pour érudition

Le débunk

❌ Encore une histoire bullshit copiée-collée des RS. La source provient d’un post en anglais daté du 29/12/2025, publié sur une page Facebook spécialisée dans les histoires douteuses : https://cvc.li/YTgFV La photo n’est pas du tintype (ferrotype en fr), mais une image générée par IA. Sur la photo en entier, on distingue en bas à droite le watermark Grok. Voir ici : https://cvc.li/jDIYy Ce coin a été soigneusement coupé dans le post relayé ici. Ensuite, aucune archive sérieuse ni musée ne mentionnent une Ada Morrison/Sarah Bennett. Rien. Zéro source fiable. Le pire, c’est qu’il existe de vraies histoires, de femmes internées à cette époque simplement pour avoir pensé par elles-mêmes. Pourquoi en inventer ? https://cvc.li/uoOeG Les traitements infligés dans certains asiles étaient déjà suffisamment barbares pour ne pas en rajouter. Prenons Elizabeth Packard. En 1851, son mari la fit interner parce qu’elle avait des idées contraires aux siennes. Elle passa 3 ans en asile, réussit à se libérer légalement de son mari lors d’un procès retentissant, et contribua à faire évoluer les droits des femmes. Elle a écrit plusieurs livres et est largement reconnue par les institutions historiques. https://cvc.li/XRtol https://cvc.li/rJorq

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